Les tempêtes émotionnelles des enfants: et si on essayait la co-régulation ?
Les tempêtes émotionnelles des enfants: et si on essayait la co-régulation ?
Comme travailleuse sociale, je rencontre souvent des enfants à qui l’on demande de « gérer leurs émotions » comme s’il s’agissait d’une compétence qu’on pouvait développer en quelques mois. Mais ce n’est pas si simple. Leur cerveau est encore en construction, leur monde intérieur est intense, et ils n’ont pas autant de repères que nous. Je tends à dire qu’on leur en demande beaucoup alors que nous-mêmes comme adultes pouvons avoir des émotions fortes difficiles à gérer.
Et si on changeait un peu notre regard? Les émotions fortes font partie du développement, elles sont normales. Ce ne sont pas des problèmes, ni des urgences à régler. Elles sont comme des vagues : elles arrivent et elles repartent… Comment on accueille ces vagues est essentiel dans le développement émotionnel de l’enfant, mais également dans notre vie de famille et dans les relations sociales.
Pourquoi parler de co-régulation?
Parce qu’on oublie que cette capacité; l’auto-régulation, se construit peu à peu, à travers des expériences sécurisantes. Elle ne peut pas apparaître toute seule. Elle a besoin d’un terrain d’accueil.
La co-régulation, c’est ce terrain-là. C’est le fait qu’un adulte offre son calme, sa présence, sa solidité à l’enfant en détresse émotionnelle. C’est un geste simple, mais puissant qui dit clairement : « Je suis là avec toi, tu n’es pas seul. » Et c’est à partir de cette expérience-là que l’enfant, tranquillement, apprend à retrouver son équilibre, d’abord avec de l’aide, puis par lui-même.
Travailler à l’envers : soutenir d’abord les parents
Ce que je propose ici, c’est de travailler un peu à l’envers. Au lieu de vouloir que l’enfant apprenne à tout gérer tout seul, on peut accompagner les parents à mieux traverser les tempêtes émotionnelles de leurs enfants. Les parents vivent des émotions eux aussi : impuissance, frustration, tristesse, fatigue. Et c’est normal.
Être le roc dans la tempête, ce n’est pas être parfait. C’est rester disponible. C’est respirer à deux. C’est permettre à l’émotion d’exister, sans jugement. Et c’est, tranquillement, apprendre à la traverser ensemble, en équipe.
Cela vous parle? Je vous invite à venir en discuter avec notre équipe. Au plaisir de naviguer avec vous!
Myriam Laroche, travailleuse sociale






