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Apprendre à bébé à jouer seul : Un défi nécessaire pour un développement sain

Quel parent n’a jamais remis en question ses habiletés et ses interventions ? Dans le cadre de mon travail, il n’est pas rare que les parents me confient avoir ressenti un fort sentiment de culpabilité face à une panoplie de situations de la vie courante, plus particulièrement lorsque vient le temps de laisser leur bébé s’amuser seul l’espace d’un instant… Je vous demande donc aujourd’hui : Devrions-nous nous sentir coupables de laisser bébé s’occuper seul de temps à autre ? Alors que nous évoluons dans une société qui prône l’éducation et la stimulation des enfants, il devient culpabilisant pour les nouveaux parents de se permettre de vaquer à leurs occupations sans la présence de leur petit ne serait-ce que pour aller prendre une douche…

 Dans les lignes qui suivent sont proposés des conseils tout simples qui faciliteront sans doute la préparation des repas ou la réponse à un appel téléphonique sans aucun signe de culpabilité, tout en permettant à votre petit de faire un apprentissage important et nécessaire à son développement : Jouer seul !  

– Par Émilie Châteauvert, travailleuse sociale et coach familial –

 

Pour quelles raisons est-il essentiel d’apprendre aux bébés à jouer seuls ?

Tout comme il est essentiel de placer bébé sur le ventre dès les premiers jours de vie pour favoriser son plein développement moteur et lui permettre de découvrir son environnement, et ce, même si celui-ci n’apprécie pas être dans cette position, il s’avère très important de guider bébé dans le jeu afin qu’il en vienne à être à l’aise de s’occuper seul, sans rechercher sans cesse la présence de son parent pour se divertir. Je ne fais évidemment pas référence ici aux cas de négligence dans lesquelles on entend parler d’enfants souffrant d’un retard de développement causé par une sous-stimulation du développement… Je veux plutôt parler de courtes périodes de jeux durant lesquelles l’enfant s’amuse, joue, se divertie, sans requérir la présence de son dispenseur de soin ni signe de panique et d’angoisse face à sa solitude. Pour être tout à fait honnête, je dois vous avouer la triste réalité qui suit : On voit de plus en plus bambins âgés d’environ 12 mois faire leur entrée dans les milieux de garde qui se retrouvent complètement pris au dépourvus lorsque vient le temps de faire des jeux libres et seuls, comme s’ils ne savaient pas quoi faire de leurs deux mains. Ces mêmes enfants recherchent alors l’attention de l’éducatrice ou, au contraire, ne font rien tant et aussi longtemps qu’on ne leur dit pas quoi faire et comment le faire… Leur niveau d’anxiété augmente chaque fois qu’une période de jeux calmes en solitaire est annoncée par l’adulte. Je vous laisse imaginer les répercussions négatives qui peuvent en découler si on ne remédie pas au problème dès le jeune âge…

 

Top 5 des trucs pour guider votre enfant vers l’apprentissage du jeu individuel !

En rafale, voici cinq astuces qui, je l’espère, sauront vous faciliter la tâche. Gardez en tête ici qu’il s’agit tout simplement de trouver un juste équilibre entre stimulation et indépendance…

  1. Une question d’attitude…

L’attitude du parent y est pour beaucoup dans la réussite de cette étape développementale. Rappelons ici que si le parent est lui-même mal-à-l’aise ou anxieux à l’idée de laisser son bébé jouer seul, il risque fortement de transmettre ce sentiment négatif à son petit. Ce faisant, les parents doivent se montrer confiants par rapport à leurs actions : Si, par malheur, vous laissez sentir à votre petit que vous n’être pas à l’aise à l’idée de le laisser jouer seul, l’échec de la démarche est à prévoir ! Les parents devront aussi se faire rassurants dans leurs attitudes verbales et non-verbales tout en se montrant compréhensifs à l’égard des craintes de leur bébé. En tant que couple, papa et maman doivent faire preuve de cohésion, tout en formant une équipe ! Soyez conscients de vos forces et faiblesses respectives afin de vous compléter.

  1. Tenir le rôle de guide.

Lorsqu’on devient parent, on accepte inévitablement de porter le chapeau de protecteur, de dispenseur de soins, de donneur d’amour inconditionnel, mais surtout celui du guide de vie de nos enfants. Il en va de même ici : N’hésitez pas à guider votre bébé dans sa découverte des jouets avant de le laisser les explorer par lui-même. Présentez-lui les jouets ; choisissez des jeux qui susciteront son intérêt en fonction de ses goûts et de ses capacités ; montrez-lui les possibilités qu’offrent chaque objet ainsi que son mode de fonctionnement ; etc. Bref, montrez-lui l’exemple et n’ayez pas peur de lui démontrer que jouer seul est une vraie partie de plaisir !

  1. Une minute à la fois…

Vous tentez de laisser bébé jouer seul, mais dès que vous vous éloignez, c’est la crise ? Permettons-lui d’expérimenter et de s’adapter à la solitude ! Ce que je vous propose ici est très simple : installez bébé dans un endroit calme, rassurant pour lui et sécuritaire. Tout en adoptant une attitude rassurante et confiante, expliquez-lui que vous vous rendez à la cuisine pour quelques minutes et que vous reviendrez dans une minute. Disposez de ses jouets préférés autour de lui. Puis, sans vous éternisez, éloignez-vous. Il est probable que bébé pleure durant cette minute qui peut alors vous paraître interminable. C’est ce qu’on appelle « un mal nécessaire » dans ce cas-ci… Au bout d’une minute, si bébé pleure toujours, retournez-le voir. Répétez cette séquence. Votre enfant gagnera peu à peu la confiance dont il a besoin pour jouer seul sans se tracasser concernant votre brève « disparition ». Vous verrez qu’avec quelques séances de pratique, vous pourrez étirer la durée des moments de jeux individuels. Respectez le rythme de votre enfant et ne le laissez pas pleurer de détresse pendant des périodes déraisonnables.

  1. Se rappeler qu’on le fait pour leur bien !

Le fait de laisser l’enfant jouer seul peut placer les parents dans une situation inconfortable, parfois par peur que l’enfant ne se blesse ou simplement parce que celui-ci manifeste clairement son insécurité par des pleurs et des cris. Pourtant, il faut se rappeler qu’il s’agit d’une étape nécessaire pour lui permettre de développer sa créativité, son autonomie et ses bases de sécurité. De plus, nous évitons d’induire aux enfants la fausse croyance selon laquelle leur besoin d’être accompagné dans le jeu doit être répondu immédiatement. Fondamentalement, on le fait pour leur bien et non pas pour nous débarrasser d’eux !

  1. Ne pas hésiter à demander conseils…

Chaque être humain a des forces et des limites. Si, en tant que parents, vous savez qu’il est limitant pour vous d’entendre votre bébé pleurer alors que vous lui instaurez des moments de jeux individuels, n’hésitez pas à demander l’aide d’une connaissance qui est passée par-là avant vous, à une personne de confiance faisant partie de votre réseau de soutien (parent, amis, conjoint) ou à un professionnel oeuvrant dans le domaine de la périnatalité et du développement de l’enfant.

 

Et les enfants plus vieux ?

Les bébés grandissent et deviennent vite des enfants autonomes et énergiques, en quête incessante de nouveauté et de plaisir, empreints d’une belle naïveté. Profitez de leur envie de découvrir le monde et instaurez dans vos routines familiales des périodes de jeu individuels et non structurés, durant lesquelles l’utilisation d’objets électroniques (ordinateur, jeu vidéo, télévision, tablette, etc.) est prohibée, pour des raisons que vous connaissez sans doute déjà ! Laissez aller l’imagination de vos petits et de vos plus grands, en suscitant leur créativité. Arts, bricolage, coloriage, lecture, casse-tête, jeux de construction… Laissez-leur choisir l’activité et proposez-leur de s’occuper à cette tâche le temps que vous préparez le souper, par exemple. Vous verrez que rapidement, votre marmaille accueillera avec grand plaisir ces petits moments de détente… et vous entendrez bien moins souvent des paroles du genre sortir de la bouche de vos trésors : « Mamannnnnnn ! Qu’est-ce qu’on fait ? Il n’y a rien à faire… »

 

En terminant…

N’oubliez pas que des services professionnels (coaching familial, service social, psychoéducation, orthophonie et ergothérapie) sont offerts à la Clinique de Réadaptation Hippo-Action et que ceux-ci pourraient vous être utiles pour relever certains défis parentaux et familiaux ! Pour de plus amples informations, communiquez avec nous.